A l’occasion de la journée mondiale contre le Cancer, j’ai eu le plaisir d’être invitée par l‘Institut Curie à venir rencontrer une chercheuse et un médecin d’exception, Marie Dutreix et Youlia Kirova.

Ce n’est pas ma première visite au sein de Curie, je participais déjà en 2011 à une rencontre dédiée aux blogueurs à l’occasion d’Octobre Rose. Cela fait maintenant près d’un an et demi que l’institut ouvre ses portes aux blogueurs pour notre plus grand plaisir. Une initiative qu’on ne peut que féliciter : un véritable temps d’échange qui mêle pédagogie, humanité et spontanéité, qui m’a encore une fois permis d’en apprendre un peu plus sur un sujet bien complexe et qui nous touche tous, de près ou de loin. Rappelons-le : avec 365 000 nouveaux cas chaque année et 150 000 décès annuels, le cancer est un problème majeur de santé publique.

L’innovation…

Tout commence par la visite du plateau de radiothérapie, à l’heure où les lieux sont investis par les techniciens, qui vérifient le bon fonctionnement et les paramétrages des machines. Le Dr Youlia Kirova, radiothérapeute, mène la visite et explique la différence entre les différentes techniques de soins : radiothérapie, curiethérapie, tomothérapie, protonthérapie…

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Vous le savez l’institut Curie est un acteur de référence de la lutte contre les cancers. Les machines qui nous sont présentées ce soir là sont tout à fait exceptionnelles : d’une valeur de plusieurs millions d’euros elles permettent une radiothérapie à la point de l’innovation… Pour rappel, la radiothérapie est une méthode de traitement utilisant des radiations pour détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier. L’irradiation a pour but de détruire toutes les cellules tumorales tout en épargnant les tissus sains périphériques. C’est là toute la complexité ! Des techniques comme la tomothérapie ou la protonthérapie permettent d’atteindre un plus haut niveau de précision pour préserver au mieux les tissus sains avoisinants. Par exemple dans le cas de la tomothérapie : les rayons tournent dans un anneau autour du patient, et avance à la manière d’un scanner. Cette technique évite l’irradiation de tissu sain en ciblant très précisément la tumeur.

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Comme nous l’explique le Dr Youlia Kirova le processus ne dure à peine qu’une à cinq minutes, mais le temps de préparation des machines, des mesures et des tests qui précèdent eux nécessitent des heures de préparation… C’est la raison pour laquelle les techniciens interviennent souvent de nuit pour faire leurs tests. Quel boulot ! Le traitement peut durer 5 à 7 semaines, sachant qu’il faut à chaque fois laisser s’espacer 6h au minimum entre deux séances pour laisser le temps aux cellules saines de « récupérer ». Les plus jeunes patients, souvent mis sous anesthésie générale, eux font l’objet d’un traitement spécifique : la protonthérapie leur est parfaitement adaptée car la protonthérapie permet de protéger les organes à risque, de diminuer les complications et de réduire le risque de deuxième cancer. 

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Après la visite nous retrouvons Marie Dutreix, chercheuse « fondamentale », qui a mis au point des molécules qui optimisent l’action de la radiothérapie. La mission des chercheurs consiste à étudier pourquoi certaines cellules tumorales résistent aux radiations, l’objectif étant de trouver un moyen de contrer cette étrange « résistance ». L’équipe de Marie Dutreix au fil des années a identifié le problème : dans ces cellules « résistantes » le système de réparation de l’ADN fonctionne à plein régime empêchant les radiations de faire leur effet. « En améliorant les outils et les angles d’observation on est arrivé à un médicament sensibilisant les cellules cancéreuses à la radiothérapie qui à l’automne 2à11 est rentrée en essai clinique de phase I-II ». Ainsi c’est grâce à ces deux moitiés de la recherche médicale : génétique et recherche clinique, que les 20 dernières années ont vu progresser très fortement les taux de guérison. Il ont même doublé pour le cancer du sein, quelle avancée !

Tout l’enjeu de la recherche reste de proposer des moyens d’empêcher ou limiter les effets secondaires, d’établir des diagnostiques et de proposer des traitements adaptés.

L’humain…

Marie Dutreix et le Dr Youlia Kirova, se sont livrées dans cet entretien avec beaucoup de spontanéité et de naturel, allant jusqu’à nous dévoiler quelques histoires personnelles. On apprend ainsi que les parents de Marie Dutreix se sont rencontrés sur les bancs du cours d’Irène Joliot-Curie, la fille de Pierre et Marie Curie. Entrer à l’Institut Curie il y a 22 ans relevait alors presque de l’évidence !

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Le Dr Youlia Kirova nous parle de la difficulté du métier, du sacrifice qu’il représente en particulier pour une femme : « j’ai surement passé plus de temps avec les patients qu’avec ma famille« . Ne parlez pas de 35h, ici il est plus question de 70h de travail en moyenne ! Un métier de passionné ? D’insomniaque ? Non plus que cela affirme le Dr Kirova : « l’oncologie ce n’est pas une profession, ni une vocation. C’est un destin ». Il est indéniable que l’oncologie fait appel à des qualités humaines tout à fait particulières. Les journées sont parfois longues, difficiles, et le rapport au patient n’est pas toujours facile. Le Dr Kirova n’hésite pas alors à plonger dans sa petite « boite à lettres de patients » quand un petit coup de blues apparait. Malgré ces difficultés, j’ai eu en face de moi deux femmes rayonnantes et très joyeuses !

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La complicité entre les deux femmes était d’ailleurs évidente. Elles ont toutes les deux parlé d’un esprit « famille » à Curie. Il faut dire qu’à Curie la notion de proximité est particulièrement importante : ici médecins, chercheurs et patients se côtoient quotidiennement. Un atout de taille pour faire avancer la recherche et gagner en efficacité, mais aussi pour créer cette atmosphère chaleureuse qui doit sans doute transparaitre aux yeux des patients. A Curie c’est évident on ne traite pas simplement une maladie, on traite d’abord un patient avec toutes ses spécificités, et on l’accompagne à tous les stades de la maladie.

Je reste profondément admirative devant le travail, l’énergie et la pugnacité de ces deux femmes. Leur implication et leur optimisme faisaient chaud au coeur. Et lorsque l’on voit les progrès phénoménaux qui ont été réalisés en quelques années, on se dit que tous les espoirs sont permis !

Un grand merci aux médecins et chercheurs de nous avoir accordé un peu de leur temps si précieux !

Prochain rendez-vous…

Ne manquez pas l’opération « une jonquille pour Curie » du 19 au 24 mars prochain, un grand événement caritatif qui permettra de collecter des fonds destinés à financer des programmes de recherche innovants notamment pour développer la médecine personnalisée en cancérologie. A Paris, une œuvre végétale éphémère, symbole de solidarité et d’espoir, sera exposée place du Palais Royal ; une caravane de bicyclettes avec des remorques « jonquilles » parcourra également les rues de la capitale pour aller à la rencontre du public ; un événement sportif aura également lieu ; et tout au long du mois de mars, vous chers internautes, vous aurez la possibilité de faire fleurir l’espoir en plantant des jonquilles (accompagnées ou non d’un don) dans un jardin virtuel accessible depuis www.unejonquillepourcurie.fr. 

Plus d’infos :  http://curie.fr

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