A l’occasion d’Octrobre Rose, mois de mobilisation contre le cancer du sein, j’ai eu le plaisir d’être invitée aux côtés d’autres blogueuses et journalistes à rencontrer trois médecins exceptionnels qui nous ont présenté avec chacune leur propre sensibilité et expertise, les actions menées par l’Institut Curie, premier centre de recherche et d’innovation en cancérologie en France.

Alors je sais ce que vous vous dites, un après midi à parler cancer, dans un institut froid et des chercheurs en blouse blanche : bonjour la déprime… Détrompez-vous ! Oubliez les médecins et chercheurs aux cheveux grisonnant, les discours assommants et scientifiques… j’ai eu la chance de découvrir sous un angle inédit cet univers certes spécifique et difficile mais aussi passionnant avec trois femmes engagées, admirables par leur enthousiasme si communicatif et leur pugnacité : le Dr Brigitte Sigal, directrice de mission sénologie et médecin spécialiste en anatomie-pathologie, le Dr Anne Vincent Salomon, pathologiste et chercheur et le Dr Laure Copel, oncologue médicale.


Recherche et innovation au coeur du dispositif

C’est le Docteur Sigal qui nous accueille et nous dresse un premier panorama des dernières innovations et actions de prise en charge des patientes atteintes d’un cancer du sein. Chaque année, sur les sites de Paris et de Saint Cloud, l’Institut Curie prend en charge près de 6500 patientes, dont 3200 nouvelles patientes, ce qui représente près d’un tiers des cas de cancers du sein en Ile-de-France.

Parmi ces patientes 15 % bénéficient de nouveaux traitements et des dernières innovations dans le cadre d’études cliniques, ce qui n’est pas le cas dans toutes les structures ! Pourquoi seulement 15% ? Tout simplement parce que cela dépend des caractéristiques de la tumeur.

Vous l’aurez donc compris, on ne parle plus du cancer du sein mais DES cancers du sein en fonction du stade d’évolution, du lieu et des cellules à partir desquelles il s’est propagé.

Et les chercheurs du centre s’attachent tout particulièrement à améliorer la caractérisation de ces tumeurs cancéreuses. Car une meilleure connaissance des cancers du sein permet dans certains cas, de proposer des traitements ciblés mieux adaptés et plus efficaces.

Pour se faire Curie dispose d’un centre de ressource biologique (voir ci-dessus) qui conserve, après accord de la patiente, un échantillon de la tumeur pour garder une information moléculaire. Des échantillons congelés et analysés, qui serviront à développer la recherche mais aussi qui permettront de garder l’histologie de la tumeur initiale, pour pouvoir choisir le traitement médical le mieux adapté en cas de récidive.

Chercheurs et médecins travaillent ainsi chaque jour pour faire progresser les connaissances, améliorer la précision du diagnostic et proposer des traitements plus ciblés, moins toxiques et donc mieux tolérés. C’est le vrai progrès de ces dernières années au sein du centre : de meilleurs moyens pour mieux identifier et caractériser la maladie grâce à l’émergence notamment des analyses génomiques.

Mais pour poursuivre ces combats la recherche a besoin de deux choses : d’abord de moyens financiers, l’argent reste le nerf de la guerre et les financements publics sont insuffisants… Et lorsque l’on voit les conditions dans lesquelles travaillent ces chercheurs de l’ombre, ils en ont croyez-moi bien besoin ! Deuxième chose : votre soutien ! Comme nous le dit le Docteur Salomon on a parfois besoin de sentir cette attente  » un bon, alors ! Ca avance ?!  » pour nous aider à booster la recherche. Alors n’hésitez plus à afficher votre soutien et à poursuivre la mobilisation toute l’année ! Pour rappel : chaque année, ce sont 53 000 nouveaux cas qui sont diagnostiqués en France.

 

S’occuper des patientes sur tous les fronts

Le Docteur Copel, oncologue médicale, nous a présenté à son tour les services de « prise en charge globale » de la patiente. Le centre a nourri toute une réflexion autour des séquelles que peut laisser la maladie : famille, sexualité, retour au travail… Car la maladie bien souvent engendre un bouleversement dans la vie de ces femmes, qui se répercute dans leur vie de couple, leur vie professionnelle ou familiale. Le centre a développé pour cela tout un service d’accompagnement des patientes dès leurs premiers pas dans la maladie jusqu’à l’après guérison.

Ainsi, dès son entrée au centre la patiente est accompagnée par une infirmière qui à la première consultation  » d’entrée en surveillance « , oriente, donne les informations nécessaires et fait le lien avec le reste du personnel médical.

Pendant le traitement, les patientes ont accès à des soins de support. L’objectif est de permettre aux patientes de mieux vivre les étapes de la maladie lorsque des difficultés sont énoncées ou repérées dans les domaines de l’accompagnement social, du soutien psychologique, de la réadaptation fonctionnelle, des addictions, de l’oncogériatrie, des besoins nutritionnels et/ou des soins continus et palliatifs.

Enfin le suivi à l’après cancer (car malgré la guérison les patients peuvent encore avoir besoin d’aide). Pour favoriser le passage entre la fin des traitements et le retour à la vie quotidienne, l’Institut Curie propose depuis 2009 aux patientes ayant terminé leur traitement une consultation d’entrée en surveillance. Lors de cette consultation, la patiente prend connaissance du dispositif de suivi qui lui est proposé, avec des rendez-vous qui auront lieu alternativement à l’hôpital et chez son médecin personnel.

Pour poursuivre les efforts dans ce sens, le Docteur Copel a particulièrement insisté sur deux projets novateurs en cours de développement :

– Le conseil diététique en partenariat avec l’association SIEL bleu, acteur de prévention-santé qui utilise notamment l’activité physique comme moyen d’action. Car l’activité physique, surtout chez les femmes ménopausées, et la consommation de fruits et légumes à faible densité énergétique diminueraient le risque de cancers du sein et de rechute.

– Le dispositif vacances. Car malheureusement beaucoup de malades renoncent à partir en vacances pour rester près du lieu de soin en cas de chimio ou radiothérapie. Aussi, Curie se propose d’organiser vos soins dans un centre proche de votre lieu de vacances en France. Une très belle initiative !

L’Institut prend ainsi en compte toutes les facettes de la maladie et démontre un réel souci de s’adapter aux besoins spécifiques de chaque femme dans toutes les étapes de la maladie.

 

Un effort tout particulier autour de la communication

L’Institut Curie a récemment cherché à développer sa communication pour mieux informer les patientes et les orienter sur la toile. Ce désir s’est traduit par la mise en place l’année dernière d’un nouveau site Internet : www.cancersdusein.curie.fr qui fait échos aux préoccupations des patientes. Le parti pris a été de privilégier une approche scientifique et une information complète en contraste avec les données diverses et peu fiables que l’on peut trouver n’importe où sur Internet. L’Institut Curie se positionne ainsi comme référent en accord avec son image de leader dans la prise en charge des cancers du sein.

L’Institut a également décidé de développer le volet interactif : un chat est organisé ce jeudi 13 octobre avec le Dr Sigal. Mais aussi sa présence sur les réseaux sociaux, avec twitter : @institut_curie et bientôt une page officielle sur facebook. La mise en place d’un espace d’échanges type « forum » n’est pas envisagé pour le moment, cela nécessiterait un temps considérable dans la gestion des questions des internautes pour les médecins.

Enfin, comme je l’ai mis en titre l’Institut Curie ouvre ses portes ! Aux blogueuses, mais aussi au grand public avec des conférences qui donnent la parole aux chercheurs et aux médecins de l’Institut Curie, sur des thèmes d’actualité en biologie, en médecine et en physique. Cela se passe tous les mardis de 18 à 20 heures à l’Institut Curie et vous pouvez suivre en direct sur twitter chacune des conférences et interagir depuis votre mobile/ordinateur grâce au hashtag #MardisCurie. 

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